S. m. (Histoire ancienne et moderne) forteresse de l'ancienne Rome, bâtie sur le mont Tarpeien, où il y avait un temple de Jupiter surnommé de-là Capitolin : le sénat s'y assemblait ; et aujourd'hui c'est une maison-de-ville où les conservateurs du peuple Romain ont leur tribunal. Les Italiens l'appellent campidoglio.

On prétend que ce nom de capitole vint d'une tête d'homme encore fraiche et saignante, trouvée dans la terre lorsqu'on creusa les fondements de cette forteresse sous Tarquin l'ancien, l'an de Rome 139. Arnobe ajoute que cet homme dont on trouva la tête, se nommait Tolus, d'où l'on a fait capitole, quasi à capite Toli. Servius, successeur de Tarquin, fit élever l'édifice, et Tarquin le superbe l'acheva en 221. mais il ne fut consacré que trois ans après l'expulsion des rois et l'établissement du consulat. Horace alors revêtu de la dignité consulaire, en fit la dédicace l'an de Rome 246.



Le capitole était composé de trois parties, un vaste bâtiment ou temple au milieu, consacré à Jupiter, et deux ailes dédiées l'une à Junon, l'autre à Minerve. On y montait par cent degrés, selon Juste Lipse, y compris ceux qui facilitaient l'abord de la roche Tarpéienne. Le frontispice et les côtés étaient environnés de galeries ou portiques, dans lesquels les vainqueurs qui avaient obtenu l'honneur du triomphe, donnaient au sénat un repas splendide, après avoir sacrifié aux dieux. C'était au capitole que les triomphateurs terminaient leur marche. Les dedans et les dehors de cet édifice étaient extrêmement ornés, surtout le temple, où brillait la statue de Jupiter avec la foudre, le sceptre et la couronne d'or. On voyait encore dans le capitole un temple de Jupiter Gordien, un de Junon, l'hôtel de la monnaie. Sur la pente de la montagne étaient le temple de la concorde, et plus de cinquante autres moindres consacrés à différentes divinités.

Ce bel édifice renfermait les dépôts les plus sacrés de la religion, comme les livres des Sibylles, les anciles ou boucliers tombés du ciel. Il fut brulé du temps de Sylla. Un nouvel incendie le consuma sous Vitellius, et Vespasien le rétablit. Il éprouva le même sort sous Tite, et Domitien en répara les ruines.

A l'imitation de Rome diverses villes, et surtout les colonies romaines, voulurent avoir leur capitole, soit temples, soit forteresses. Constantinople, Jérusalem, Carthage, Milan, Ravenne, Vérone, Augsbourg, Treves, Cologne, Nismes, Rheims, Toulouse, se conformèrent à cet égard à la capitale de l'empire. On croit communément que les capitouls ou juges-consuls de Toulouse ont tiré leur nom du capitole érigé dans leur ville. (G)