(Géographie ancienne) petite province de Caelésyrie, appelée Décapolis des dix villes principales qui la composaient. Les savants ne sont point d'accord sur ces villes. On prétend que le pays de Décapolis était situé à l'orient du Jourdain, et s'étendait du nord au midi, depuis l'Antiliban jusqu'à la mer de Galilée.
S. m. pl. (Géographie ancienne) anciens peuples de Thrace. On dit qu'ils s'affligeaient sur la naissance des enfants, et qu'ils se réjouissaient de la mort des hommes ; la naissance était, selon eux, le commencement de la misere, et la mort en était la fin. Il était bien difficîle que les Dranses, qui regardaient la vie comme un mal, se crussent obligés de remercier les dieux de ce présent. Quoi qu'il en sait, l'opinion générale d'un peuple sur le malheur de la vie est moins une injure faite à la providence, qu'un jugement très-sévère de la manière dont ce peuple est gouverné. Ce n'est pas la nature, c'est la tyrannie qui impose sur la tête des hommes un poids qui les fait gémir et détester leur condition. S'il y avait sur la surface de la terre un lieu où les hommes redoutassent le mariage, et où les hommes mariés se refusassent à cette impulsion si puissante et si douce qui nous convie à la propagation de l'espèce et à la production de notre semblable, pour se porter à des actions illicites et peu naturelles, de peur d'augmenter le nombre des malheureux ; c'est-là que le gouvernement serait aussi mauvais qu'il est possible qu'il le sait.
(Géographie ancienne) Les Gades étaient deux petites îles de l'Océan sur la côte d'Espagne, près du détroit de Gibraltar et de l'embouchure du fleuve Guadalquivir ou Boetis : elles n'étaient éloignées l'une de l'autre que de six vingt pas : la plus petite avait des pâturages si gras, que Strabon dit que l'on ne pouvait faire de fromage du lait des animaux qu'on y nourrissait, à-moins qu'on n'y mêlat de l'eau pour le détremper : maintenant ces deux îles n'en font plus qu'une, qui est Cadix ; mais quand il s'agit de l'antiquité, il faut toujours conserver le mot de Gades : car ces deux îles étaient habitées par une colonie de Phéniciens, qui y avaient un temple très-célèbre consacré à Hercule : ils l'avaient nommé Gadir, c'est-à-dire forteresse, lieu muni, de gader en latin septum, enceinte de murailles. (D.J.)
(Géographie ancienne) petite ville de Sicîle qui prenait son nom de la rivière Géla qui l'arrosait : Virgile le dit, immanisque Géla fluvii cognomine dicta. Le nom moderne de cette rivière est fiume di Terra-Nova ; et la ville ou bourg s'appelle Terra-Nova. Il fallait que ce fût une grande ville du temps de Virgile, puisqu'il la nomme immanis. (D.J.)
Cnidus, (Géographie ancienne) c'était anciennement une ville considérable de la Doride, contrée de la Carie dans l'Asie mineure, sur un promontoire fort avancé, qu'on appelait Triopum, présentement Capocrio. Outre les fêtes d'Apollon et de Neptune qu'on y célebrait avec la dernière magnificence, on rendait à Gnide un culte particulier à Vénus, surnommée Gnidienne ; c'était-là qu'on voyait la statue de cette déesse, ouvrage de la main de Praxitele, qui seul, dit Pline, annoblissait la ville de Gnide. Les curieux faisaient exprès le voyage de la Doride pour considérer de leurs propres yeux ce chef-d'œuvre de l'art. Nicomède avait tant d'envie de le posséder, qu'il voulut en donner de quoi payer les dettes immenses que cette ville avait contractées ; elle le refusa, parce que cette seule statue faisait sa gloire et son trésor.