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Encyclopédie de Diderot
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LUNE

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Écrit par : Auteur anonyme
Catégorie parente: Science
Catégorie : Astronomie
S. f. (Astronomie) est l'un des corps célestes que l'on met ordinairement au nombre des planètes, mais qu'on doit regarder plutôt comme un satellite, ou comme une planète secondaire. Voyez PLANETE et SATELLITE.

La lune est un satellite de notre terre, vers laquelle elle se dirige toujours dans son mouvement comme vers un centre, et dans le voisinage de laquelle elle se trouve constamment, de façon que si on la voyait du soleil, elle ne paraitrait jamais s'éloigner de nous d'un angle plus grand que dix minutes.

La principale différence que l'on aperçoit entre les mouvements des autres planètes et celui de la lune se peut aisément concevoir : car puisque toutes ces planètes tournent autour du soleil qui est à peu près au centre de leur mouvement, et puisqu'il les attire, pour ainsi dire, à chaque instant, il arrive delà qu'elles sont toujours à peu près à la même distance du soleil, au-lieu qu'elles s'approchent quelquefois considérablement de la terre, et d'autres fois s'en éloignent considérablement. Mais il n'en est pas tout à fait de même de la lune, on doit la regarder comme un corps terrestre. Ainsi selon les lois de la gravitation elle ne peut guère s'éloigner de nous, mais elle est retenue à peu près dans tous les temps à la même distance.



Création : 1 Décembre 1765

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ECLIPSE

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Écrit par : Jean le Rond d'Alembert (O)
Catégorie parente: Science
Catégorie : Astronomie
S. f. en Astronomie, c'est une privation passagère, soit réelle, soit apparente, de lumière, dans quelqu'un des corps célestes, par l'interposition d'un corps opaque entre le corps céleste et l'oeil, ou entre ce même corps et le Soleil. Les éclipses de Soleil sont dans le premier cas ; les éclipses de Lune et des satellites sont dans le second : car le Soleil est lumineux par lui-même, et les autres planètes ne le sont que par la lumière qu'ils en reçoivent. Les éclipses des étoiles par la Lune ou par d'autres planètes, s'appellent proprement occultations. Lorsqu'une planète, comme Vénus et Mercure, passe sur le Soleil, comme elle n'en couvre qu'une petite partie, cela s'appelle passage. Voyez OCCULTATION et PASSAGE.

Le mot éclipse vient du grec, , défaillance. Les Romains se servaient aussi du mot deficère, pour désigner les éclipses. (O)

L'ignorance de la Physique a fait rapporter dans tous les lieux et dans tous les temps, à des causes animées, les effets dont on ne connaissait pas les principes ; ainsi les prêtres débitèrent en Grèce, que Diane était devenue amoureuse d'Endimion, et que les éclipses devaient s'attribuer aux visites nocturnes que cette déesse rendait à son amant dans les montagnes de la Carie : mais comme ses amours ne durèrent pas toujours, il fallut chercher, dit l'abbé Banier, une autre cause des éclipses.

On publia que les sorcières, surtout celles de Thessalie, avaient le pouvoir par leurs enchantements d'attirer la Lune sur la terre ; c'est pourquoi on faisait un grand vacarme avec des chauderons et autres instruments, pour la faire remonter à sa place. Les Romains entr'autres suivaient cet usage, et allumaient un nombre infini de torches et de flambeaux, qu'ils élevaient vers le ciel, pour rappeler la lumière de l'astre éclipsé. Juvénal fait allusion au grand bruit que faisait à ce sujet le peuple de Rome sur des bassins d'airain, lorsqu'il dit d'une femme babillarde, qu'elle fait assez de bruit pour secourir la Lune en travail : Una laboranti poterit succurrere Lunae.

Si l'on voulait remonter à la source de cette coutume, on trouverait qu'elle venait d'Egypte, où Isis, symbole de la Lune, était honorée avec un bruit pareil de chauderons, de tymbales, et de tambours.

L'opinion des autres peuples était, que les éclipses annonçaient de grands malheurs, ou menaçaient la tête des rois et des princes. On a eu longtemps la même idée des cometes. Les Mexicains effrayés jeunaient pendant les éclipses. Les femmes durant ce temps-là se maltraitaient elles-mêmes, et les filles se tiraient du sang des bras. Ces gens-là s'imaginaient que la Lune avait été blessée par le Soleil, pour quelque querelle qu'ils avaient eue ensemble.

Les Indiens croient aussi par ce principe, que la cause des éclipses vient de ce qu'un dragon malfaisant veut dévorer la Lune ; c'est pourquoi les uns font un grand vacarme, pour lui faire lâcher prise, pendant que les autres se mettent dans l'eau jusqu'au cou, pour supplier le dragon de ne pas dévorer entièrement cette planète. Lisez encore là-dessus, dans les mémoires du P. le Comte, les idées particulières des Chinois.

Anaxagore contemporain de Périclès, et qui mourut la première année de la soixante-huitième olympiade, fut le premier qui écrivit très-clairement et très-hardiment sur les diverses phases de la Lune, et sur ses éclipses ; je dis, comme Plutarque, très-hardiment, parce que le peuple ne souffrait pas encore volontiers les Physiciens. Aussi les ennemis de Socrate réussirent à le perdre, en l'accusant de chercher par une curiosité criminelle à pénétrer ce qui se passe dans les cieux, comme si la raison et le génie pouvaient s'élever trop haut. On n'a depuis que trop souvent renouvellé par le même artifice, des accusations semblables contre des hommes du premier mérite. Article de M(D.J.)

Les généraux romains se sont servis quelquefois des éclipses pour contenir leurs soldats, ou pour les encourager dans des occasions importantes. Tacite dans ses annales, liv. I. ch. xxviij. parle d'une éclipse dont Drusus se servit pour apaiser une sédition très-violente, qui s'était élevée dans son armée. Tite-Live rapporte que Sulpitius Gallus, lieutenant de Paul Emîle dans la guerre contre Persée, prédit aux soldats une éclipse qui arriva le lendemain, et prévint par ce moyen la frayeur qu'elle aurait causée. Ce fait n'a pas été raconté assez exactement à l'article ASTRONOMIE, où même par une faute du copiste ou de l'imprimeur, on a mis les Perses au lieu de Persée. Plutarque dit que Paul Emîle sacrifia à cette occasion onze veaux à la Lune, et le lendemain vingt-un bœufs à Hercule, dont il n'y eut que le dernier qui lui promit la victoire.

Aujourd'hui non-seulement les Philosophes, mais le peuple même est instruit de la cause des éclipses ; on sait que les éclipses de Lune viennent de ce que cette planète entre dans l'ombre de la Terre, et ne peut être éclairée par le Soleil durant le temps qu'elle la traverse, et que les éclipses de Soleil viennent de l'interposition de la Lune, qui cache aux habitants de la Terre une partie du Soleil, ou même le Soleil tout entier. Les Astronomes observent dans les satellites de Jupiter et de Saturne, des éclipses semblables à celles de notre Lune, mais à la vérité plus fréquentes ; parce que ces satellites tournent autour de Jupiter en bien moins de temps que la Lune autour de nous.
Création : 1 Novembre 1755

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ESPECE

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Écrit par : Auteur anonyme
Catégorie parente: Science
Catégorie : Métallurgie
S. f. (Métallurgie) notion universelle qui se forme par l'abstraction des qualités qui sont les mêmes dans les individus. En examinant les individus, et les comparant entr'eux, je vois certains endroits par où ils se ressemblent ; je les sépare de ceux en quoi ils diffèrent ; et ces qualités communes, ainsi séparées, forment la notion d'une espèce, qui comprend le nombre d'individus dans lesquels ces qualités se trouvent. La division des êtres en genre et en espèce, n'est pas l'ouvrage de la Philosophie ; c'est celui de la nécessité. Les hommes sentant qu'il leur serait impossible de tout reconnaître et distinguer, s'il fallait que chaque individu eut sa dénomination particulière et indépendante, se hâtèrent de former ces classes indispensables pour l'usage, et essentielles au raisonnement ; mais si la Philosophie n'a pas inventé ces notions, c'est elle qui les épure, et qui de vagues qu'elles sont fréquemment dans la bouche du vulgaire, les rend fixes et déterminées, en suivant la méthode des Géomètres, autant qu'elle est applicable à des êtres réels et physiques, dont l'essence n'est pas accessible comme celle des abstractions et des notions universelles.


Création : 1 Novembre 1755

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INTELLIGENCE

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Écrit par : Denis Diderot (*)
Catégorie parente: Logique
Catégorie : Grammaire
S. f. (Grammaire) ce mot a un grand nombre d'acceptions différentes, que nous allons déterminer par autant d'exemples.

On dit cet homme est doué d'une intelligence peu commune, lorsqu'il saisit avec facilité les choses les plus difficiles.

Les rapports infinis qu'on observe dans l'harmonie générale des choses, annoncent une intelligence infinie.

Milton nous peint l'Eternel descendant dans la nuit, accompagné d'une foule d'intelligences célestes.

Un mauvais commentateur obscurcit quelquefois un passage, au lieu d'en donner l'intelligence.


Création : 1 Décembre 1765

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