(Mythologie) Les poètes ont distribué le temps qui suivit la formation de l'homme en quatre âges. L'âge d'or, sous le règne de Saturne au ciel, et sous celui de l'innocence et de la justice en terre. La terre produisait alors sans culture, et des fleuves de miel et de lait coulaient de toutes parts. L'âge d'argent, sous lequel ces hommes commencèrent à être moins justes et moins heureux. L'âge d'airain, où le bonheur des hommes diminua encore avec leur vertu ; et l'âge de fer, sous lequel, plus méchants que sous l'âge d'airain, ils furent plus malheureux. On trouvera tout ce système exposé plus au long dans l'ouvrage d'Hésiode, intitulé Opera et dies ; ce poète fait à son frère l'histoire des siècles écoulés, et lui montre le malheur constamment attaché à l'injustice, afin de le détourner d'être méchant. Cette allégorie des âges est très-philosophique et très-instructive ; elle était très-propre à apprendre aux peuples à estimer la vertu ce qu'elle vaut.
LA DEESSE, (Mythologie) il y a en Syrie, dit Lucien, en son traité de la déesse syrienne, une ville qu'on nomme Sacrée ou Sérapolis, dans laquelle est le plus grand et le plus auguste temple de la Syrie ; outre les ouvrages de grand prix, et les offrandes qui y sont en très-grand nombre, il y a des marques d'une divinité présente. On y voit les statues suer, se mouvoir, rendre des oracles ; et on y entend souvent du bruit, les portes étant fermées. Les richesses de ce temple sont immenses ; car on y apporte des présents de toutes parts, d'Arabie, de Phénicie, de Cappadoce, de Cilicie, d'Assyrie, et de Babylone. Les portes du temple étaient d'or, aussi-bien que la couverture, sans parler du dedans qui brillait partout du même métal. Pour les fêtes et les solennités, il ne s'en trouve pas tant nulle part. Les uns craient que ce temple a été bâti par Sémiramis, en l'honneur de Dérito sa mère : d'autres disent qu'il a été consacré à Cybele, par Atys, qui le premier enseigna aux hommes les mystères de cette déesse ; mais c'était l'ancien temple dont on entendait parler : pour celui qui subsistait du temps de Lucien, il avait été bâti par la fameuse Stratonice, reine de Syrie.
S. m. (Mythologie) Dieu chasse-mouche, ou dieu des mouches. Pline dit que les habitants de Cyrene lui sacrifiaient, pour en obtenir la délivrance de ces insectes, qui occasionnaient quelquefois dans leur pays des maladies contagieuses. Cet auteur ajoute qu'elles mouraient aussi-tôt qu'on avait sacrifié. Un savant moderne remarque que Pline aurait pu se contenter de dire, pour l'honneur de la vérité, que c'était l'opinion vulgaire ; pour moi, il me semble qu'il ne faut pas exiger une vérité qui peut être dangereuse à dire, d'un auteur qu'on accuse d'avoir menti en tant d'occasions où il eut été véridique sans conséquence ; et que Pline qui vraisemblablement ne croyait guère à la divinité de Chasse-Mouche, mais qui se proposait de nous instruire du préjugé des habitants de Cyrene, sans exposer sa tranquillité, ne pouvait s'exprimer autrement. Voilà, je crois, une de ces occasions où l'on ne peut tirer aucune conséquence du témoignage d'un auteur ni contre lui-même, ni pour le fait qu'il atteste.
ou ADOD, s. m. (Mythologie) divinité des Assyriens, que les uns prennent pour le soleil, d'autres pour cet Adad qui fut étouffé par Azael qui lui succéda, et qui fut adoré ainsi qu'Adad par les Syriens, et surtout à Damas, au rapport de Josephe. Antiq. Judaïq.