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- Écrit par : Jacques-Nicolas Bellin (Z)
- Catégorie : Droit naturel & politique
Dans les premiers temps, un père était de droit le prince et le gouverneur né de ses enfants ; car il leur aurait été bien mal-aisé de vivre ensemble sans quelque espèce de gouvernement : eh quel gouvernement plus simple et plus convenable pouvait-on imaginer, que celui par lequel un père exerçait dans sa famille la puissance exécutrice des lois de la nature !
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- Écrit par : Antoine-Gaspard Boucher d'Argis (A)
- Catégorie : Droit naturel & politique
Hobbes a prétendu que les hommes étaient sans cesse dans un état de guerre de tous contre tous ; le sentiment de ce philosophe atrabilaire ne parait pas mieux fondé que s'il eut dit, que l'état de la douleur et de la maladie est naturel à l'homme. Ainsi que les corps physiques, les corps politiques sont sujets à des révolutions cruelles et dangereuses ; quoique ces infirmités soient des suites nécessaires de la faiblesse humaine, elles ne peuvent être appelées un état naturel. La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ; c'est une maladie convulsive et violente du corps politique, il n'est en santé, c'est-à-dire dans son état naturel que lorsqu'il jouit de la paix ; c'est elle qui donne de la vigueur aux empires ; elle maintient l'ordre parmi les citoyens ; elle laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise la population, l'agriculture et le commerce ; en un mot elle procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute société. La guerre au contraire dépeuple les états ; elle y fait régner le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la vue de la licence qu'elle introduit ; elle rend incertaines la liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et abandonnées. Jamais les triomphes les plus éclatants ne peuvent dédommager une nation de la perte d'une multitude de ses membres que la guerre sacrifie ; ses victoires mêmes lui font des plaies profondes que la paix seule peut guérir.
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- Écrit par : Louis de Jaucourt (D.J.)
- Catégorie : Droit naturel & politique
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- Écrit par : Auteur anonyme
- Catégorie : Droit naturel & politique
Il y a, dit la Bruyere, des créatures de Dieu, qu'on appelle des hommes, dont toute la vie est occupée, et toute l'attention est réunie à scier du marbre : c'est très-peu de chose. Il y en a beaucoup d'autres qui s'en étonnent ; mais qui sont entièrement inutiles, et qui passent les jours à ne rien faire, c'est bien moins que scier du marbre.
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- Écrit par : Louis de Jaucourt (D.J.)
- Catégorie : Droit naturel & politique
L'homme, dans l'état de nature, ne connait point de souverain ; chaque individu est égal à un autre, et jouit de la plus parfaite indépendance ; il n'est dans cet état d'autre subordination que celle des enfants à leur père. Les besoins naturels, et surtout la nécessité de réunir leurs forces pour repousser les entreprises de leurs ennemis, déterminèrent plusieurs hommes ou plusieurs familles à se rapprocher, pour ne faire qu'une même famille que l'on nomme société. Alors on ne tarda point à s'apercevoir, que si chacun continuait d'exercer sa volonté, à user de ses forces et de son indépendance, et de donner un libre cours à ses passions, la situation de chaque individu serait plus malheureuse que s'il vivait isolé, on sentit qu'il fallait que chaque homme renonçât à une partie de son indépendance naturelle pour se soumettre à une volonté qui représentât celle de toute la société, et qui fût, pour ainsi dire, le centre commun et le point de réunion de toutes ses volontés et de toutes ses forces. Telle est l'origine des souverains. L'on voit que leur pouvoir et leurs droits ne sont fondés que sur le consentement des peuples ; ceux qui s'établissent par la violence, ne sont que des usurpateurs ; ils ne deviennent légitimes, que lorsque le consentement des peuples a confirmé aux souverains les droits dont ils s'étaient emparés.
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