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Encyclopédie de Diderot
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BOIS

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Écrit par : Denis Diderot (*)
Catégorie : Economie rustique
S. m. (Economie rustique) ce terme a deux grandes acceptions : ou il se prend pour cette substance ou matière dure et solide que nous tirons de l'intérieur des arbres et arbrisseaux ; ou pour un grand canton de terre planté d'arbres propres à la construction des édifices, au charronage, au sciage, au chauffage, etc.

Si l'on jette un coup d'oeil sur la consommation prodigieuse de bois qui se fait par la charpente, la menuiserie, d'autres Arts, et par les feux des forges, des fonderies, des verreries, et des cheminées, on concevra facilement de quelle importance doivent avoir été en tout temps, et chez toutes les nations, pour le public et pour les particuliers, la plantation, la culture, et la conservation des forêts ou des bois, en prenant ce terme selon la seconde acception. Comment se peut-il donc que les hommes soient restés si longtemps dans les préjugés sur ces objets, et qu'au lieu de tendre sans-cesse à la perfection, ils se soient au contraire de plus en plus entêtés de méthodes qui les éloignaient de leur but ? Car c'est-là qu'ils en étaient ; c'est-là qu'ils en sont encore pour la plupart, comme nous pourrions le démontrer par la comparaison des règles d'agriculture qu'ils ont prescrites, et qu'on suit sur les bois, et par celles que l'expérience et la philosophie viennent d'indiquer à M. de Buffon. Mais notre objet est d'exposer la vérité, et non pas de l'associer à l'erreur : l'erreur ne peut être trop ignorée, et la vérité trop connue, surtout quand elle embrasse un objet aussi considérable que l'aliment du feu, et le second d'entre les matériaux qui entrent dans la construction des édifices. Nous observerons seulement que l'extrait que nous allons donner des différents mémoires que M. de Buffon a publiés, non seulement pourra éclairer, sur la culture, l'amélioration et la conservation des bois, mais pourra même devenir une grande leçon pour les philosophes de se méfier de l'analogie ; car il parait que l'ignorance dans laquelle il semble qu'on aime encore à rester, malgré le grand intérêt qu'on a d'en sortir, ne vient dans son origine que d'avoir transporté les règles de l'agriculture des jardins à l'agriculture des forêts. La nature a ses lais, qui ne nous paraissent peut-être si générales, et s'étendre uniformément à un si grand nombre d'êtres, que parce que nous n'avons pas la patience ou la sagacité de connaître la conduite qu'elle tient dans la production et la conservation de chaque individu. Nous nous attachons au gros de ses opérations : mais les finesses de sa main d'œuvre, s'il est permis de parler ainsi, nous échappent sans-cesse ; et nous persistons dans nos erreurs jusqu'à ce qu'il vienne quelqu'homme de génie, assez ami des hommes, pour chercher la vérité ; et j'ajouterais volontiers, assez courageux pour la communiquer quand il l'a trouvée.


Création : 1 Janvier 1752
Clics : 50100

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BROY

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Écrit par : Marc-Antoine Eidous (V)
Catégorie : Economie rustique
ou BRAYE, (Economie rustique) machine qui sert à briser le chanvre pour en pouvoir mieux séparer les chenevottes ; c'est une sorte de banc e (fig. 4. Pl. de Corderie) fait d'un soliveau de 5 à 6 pouces d'équarrissage, sur sept à huit pieds de longueur, soutenu par 4 jambes ou pieds, à hauteur d'appui. Ce soliveau est percé dans toute sa longueur de deux grandes mortaises d'un pouce de large, qui traverse toute son épaisseur. On taille en couteau les trois parties que les deux mortaises ont séparées.


Création : 1 Janvier 1752
Clics : 3849

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CIDRE

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Écrit par : Denis Diderot (*)
Catégorie : Economie rustique
S. m. (Economie rustique) boisson que l'on tire de la pomme. Elle est très-ancienne ; les Hébreux l'appelaient sichar, que S. Jérôme traduit par sicera, d'où nous avons fait cidre. Les nations postérieures l'ont connu ; les Grecs et les Romains ont fait du vin de pomme. Parmi nous il est très-commun, surtout dans les provinces où l'on manque de celui du raisin.

La Normandie est pour le cidre, ce que sont la Bourgogne et la Champagne pour le vin ; et de même que le vin n'est pas également bon dans tous les cantons de ces provinces, tous les cantons de la Normandie ne donnent pas du cidre de la même qualité. Il s'en fait en abondance, et d'excellent, surtout dans le pays d'Auge et le Bessin, ou les environs d'Isigny. Le fruit à couteau n'y vaut rien. Le cidre se tire de pommes rustiques de plusieurs espèces, dont il faut bien connaître les sucs, afin de les combiner convenablement, et de corriger les uns par les autres. On élève des pepinières de pommiers de cette espèce de pommes, on les greffe en fente, on les plante en quinconce, ou on en dresse des allées. Il y a peut-être plus de trente sortes de pommes à cidre, qu'on cueille en différents temps à mesure qu'elles paraissent mûres ; et elles mûrissent plus ou moins promptement, selon que les années sont plus ou moins avancées. On les distribue en trois classes différentes, dont on fait la récolte successivement. On donne le nom de pommes tendres aux deux premières classes, et celui de pommes dures à la troisième. En effet les pommes de la troisième classe sont dures, et mûrissent tard et difficilement. Une règle générale pour la récolte, c'est de choisir un temps sec, pendant lequel les pommes soient essuyées de toute humidité.


Création : 1 Janvier 1752
Clics : 16620

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COCON

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Écrit par : Denis Diderot (*)
Catégorie : Economie rustique
S. m. (Economie rustique) on donne ce nom à ce tissu filamenteux dans lequel le vers à soie s'enveloppe, et dont on obtient en le dévidant par une opération qu'on appelle le tirage, cette substance animale appelée soie, que nous employons à tant d'ouvrages précieux. Voyez SOIE et VER-à-SOIE. On distingue des cocons bons, des mauvais cocons ; des cocons fins, des doubles, des satinés ou veloutés, des ronds, des pointus. Voyez SOIE, TIRAGE DE SOIE.

Création : 1 Janvier 1752
Clics : 2720

CORMÉ

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Écrit par : Auteur anonyme
Catégorie : Economie rustique
S. f. (Economie rustique) espèce de boisson qu'on fait à la campagne avec de l'eau et des cormes pour les domestiques ; elle est piquante ; le froid en la gelant, et la chaleur en la faisant fermenter, la gâtent : il faut la consommer en hiver. Les cormes ressemblent à de petites poires ou neffles pâles ou rousses ; elles ne mûrissent point sur l'arbre. On les abat en automne, on les étend sur de la paille ; alors elles deviennent grises, brunes, molles, douces, et assez agréables au gout. On élève le cormier de semence d'une façon singulière : quand on ne le greffe ni sur sauvageon de son espèce, ni sur poirier, ni sur coignassier ou épine, on prend un bout de corde à puits d'écorce de tilleul, on la laisse un peu pourrir ; on a des cormes bien mûres, on en frotte rudement cette corde, la chair s'en va, la graine s'insinue dans la corde ; on fait en terre un rayon profond d'un demi-pié, et l'on y couche la corde, après l'avoir fait passer par quelques-unes des préparations propres à hâter la végétation. Ce travail se fait sur la fin de l'automne. Pour faire le cormé, prenez des cormes qui ne soient point encore mûres, jaunâtres et assez fermes ; emplissez-en un tonneau plus d'à-demi, achevez avec de l'eau, laissez la bonde ouverte, la fermentation donnera à la liqueur un acide assez agréable, et cette liqueur sera bientôt prête à être bue.

Création : 1 Janvier 1752
Clics : 5108
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